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Véloroute de la Chaudière : Une rando à faire avec ses ados


Je caressais cette ambition depuis déjà quelques mois: faire le trajet entier de la Véloroute de la Chaudière, des ponts de Québec jusqu’à Saint-Georges de Beauce. Le but: découvrir ce corridor cyclable (route verte #6) qui sillonne l’une des plus belles vallées du Québec.

Un samedi matin du mois d’août. Je me décide enfin. Je me lève à 5h du mat. Les yeux collés, je regarde par la fenêtre. Le temps est gris. Je saute sur mon téléphone: aucune possibilité de précipitation, un beau 17 degrés avec un léger vent. Parfait. Je ne pouvais pas mieux demander pour démarrer une telle randonnée. Oui. Pour moi, c’est une grosse randonnée. Je suis un voyageur à la base, pas un cycliste. Je dois avouer que la perspective d’enchaîner 99 kilomètres me faisait un peu peur. Comment dire euh… Je suis loin d’avoir la physionomie de Lance Armstrong. Pour l’heure, je suis plutôt du type athlète au lancer du marteau… Faque j’ai décollé pareil à 5h50. Disons que mon départ ressemblait davantage au décollage d’un A380 qu’à celui d’un CF-18 ;). Qu’à cela ne tienne (j’adore utiliser cette expression), je me suis exécuté avec bonne humeur et joie sans me fixer de temps pour atteindre la métropole beauceronne.

Véloroute de la chaudière-Bobtrotteur.jpg

Tête des ponts à Saint-Lambert

Je dois dire que le début de la randonnée n’est pas des plus palpitants. D’abord, en quittant le Pont de Québec, on finit par retrouver la voie cyclable dans le secteur de Charny à Lévis pour ensuite retrouver l’accotement asphalté de la route 175 Sud pendant 8 kilomètres avant d’atteindre le secteur de Breakeyville. La piste de Breakeyville est courte, mais vraiment charmante. Elle longe la rivière Chaudière sur un peu moins de 5,5 km. L’endroit est vraiment très joli. Tout le long du chemin, des panneaux d’interprétation vous renseignent sur l’histoire  industrielle des moulins de Breakeyville témoignant de l’importance de l’industrie forestière du coin. Malheureusement, on quitte trop rapidement le bord de la rivière pour l’accotement asphalté de la chaussée sur 9 autres kilomètres jusqu’à Saint-Lambert.

Saint-Lambert/Scott

Du coeur de Saint-Lambert, on roule encore un peu dans le charmant village sur larue des érables, puis le rang des rivières. Au menu: des champs de maïs, des fermes laitières, de la forêt et surtout du SILENCE ! Le matin tôt, c’était magique pour le silence. Pas un bruit humain aux alentours. Que des oiseaux et du vent. C’est de loin, le «vide-tête» parfait. En arrivant à la hauteur de la municipalité de Saint-Isidore (sans y pénétrer), on est toujours sur l’accotement asphalté et on est parallèle à l’autoroute 73 Sud. C’est beaucoup moins agréable et beaucoup plus bruyant. En arrivant à Scott, on remercie le ciel…

Scott/Sainte-Marie

Scott est l’une de mes municipalités préférées en Beauce. Le coeur du village est petit et coquet. C’est aussi là que débute la piste cyclable dédiée. En fait, on arrive à Scott par le casse-croûte chez Sandra ! Un papa intelligent pourrait faire «fiter» l’heure du dîner avec l’arrivée au casse-croûte et commander la poutine familiale à 15$. Vos ados vous louangeront jusqu’à la fin du trajet… mais pas votre digestion personnelle par contre… La piste cyclable pénètre vraiment au coeur de Scott, c’est à ce moment que l’on commence à suivre la voie ferrée. On est tellement dans le village que l’on roule dans les cours arrière des maisons ! Ça ajoute un sentiment de proximité fort agréable. Puis, en quittant Scott, on retourne doucement dans la nature. 9,5 km nous séparent de la prochaine étape : Sainte-Marie.

Véloroute de la chaudière-Scott-bobtrotteur.jpgTout juste en entrant dans Sainte-Marie, le Domaine Taschereau Parc-Nature est un arrêt obligatoire. C’est l’un des plus beaux parcs de la Beauce, sérieusement. Des passerelles de bois qui dominent un marécage bordant la Chaudière. C’est un endroit méconnu des touristes. Prenez le temps d’aller sur le promontoire de bois, c’est de toute beauté. Il y a même une aire de pique-nique. Ah oui, si le coeur vous en dit, vous pouvez toujours aller prendre «un selfie» de vous devant l’usine des «petits gâteaux Vachon». Pour votre gouverne, sachez que l’usine en tant que telle est une horreur d’architecture des années 60 et ressemble à un gros bloc appartement. Ah oui, pis maintenant, les gâteaux Vachon, ça appartient à Grupo Bimbo, un géant alimentaire Mexicain… Olé !

Sainte-Marie/Vallée-Jonction

De Sainte-Marie, il vous faudra rouler 11 km pour atteindre la municipalité de Vallée-Jonction. Vous êtes toujours sur la piste cyclable dédiée, mais plus pour longtemps. Dès votre arrivée dans le coeur du village, la piste s’évapore sans trop avertir. C’est à ce moment que vous comprenez qu’il faut continuer tout droit.

Véloroute de la chaudière-bobtrotteur-saint-joseph.jpgD’ailleurs, chers élus de Vallée-Jonction, pouvez-vous mettre des indications plus claires quand à la fin de la piste cyclable désignée et du prochain chemin à suivre ? Vous voulez dégourdir vos jambes et donner une pause à vos fessiers ? Arrêtez au Musée ferroviaire de Beauce. Un endroit pas très grand, mais juste assez pour un arrêt divertissant et pour empêcher vos ados de vous dire: «chus tanné là». Vous découvrirez entre autres l’importance du chemin de fer Quebec Central pour la région et verrez une foule d’artefacts reliés au monde du train. Mention spéciale également au restaurant le Saint-Vincent que vous trouverez sur votre route. L’endroit idéal pour la cuisine familiale sur votre trajet.

Vallée-Jonction/Saint-Joseph

Bon. Il faut le dire. Pour ce segment de 12,5 km, vous serez sur l’accotement asphalté de la route 173. Ce n’est vraiment pas l’idéal. Bien que la limite de vitesse soit fixée à 90km/h, certains poussent la machine plus loin, ce qui nous fait développer un sentiment d’insécurité comme cycliste. C’est encore plus vrai dans mon cas avec mon vélo horizontal. L’organisme touristique Destination Beauce suggère alors de traverser le pont à Vallée-Jonction pour faire le trajet du côté ouest de la rivière sur le chemin de l’écore sud qui devient progressivement le chemin du coteau, puis le rang des érables. Au lieu de 12,5 km, c’est 9 kilomètres que vous aurez à faire avec par contre plus de pentes et de sillons, mais au moins, ce sera beaucoup plus tranquille point de vue de la circulation. Le plus: vous arriverez à Saint-Joseph par le magnifique pont de fer vert. Moi j’ai choisi le trajet par la 173, Fromage en grains- veloroute de la chaudière-saint-joseph-bobtrotteur.jpgcar je tenais absolument à faire un arrêt à la Fromagerie Gilbert… ben oui, je suis gourmand et je ne peux résister au fromage frais encore chaud qui sort de la production. La fromagerie Gilbert est un arrêt gourmand fort intéressant. À l’intérieur, il y a plus que seulement du fromage. Les produits et desserts maison sont mis en valeur, tout comme le sirop d’érable et même l’artisanat beauceron. Je dois dire que c’est un autre détour obligé. L’un de mes délices favoris est un morceau de fromage frais non salé encore chaud. C’est un régal, car on peut contrôler la quantité de sel en le salant légèrement. Ramené à la maison, la fleur de sel de Camargue lui fait grand honneur !

Saint-Joseph/Beauceville

En arrivant à Saint-Joseph, on prend rapidement la piste cyclable aménagée qui nous conduit à la halte Desjardins, un grand parc où on retrouve jeux d’eau, toilettes, abreuvoirs, tables de pique-nique et un abri en cas de pluie ou de soleil trop abondant. La ville de Saint-Joseph a investi beaucoup dans ce parc et continue d’investir dans ses infrastructures cyclables pour relier sa piste à la piste de Vallée-Jonction d’un côté et Beauceville de l’autre. Si on est optimiste, le tout devrait se faire d’ici la fin de 2019. Il faut dire que Saint-Joseph ne reçoit aucune subventionVéloroute de la chaudière-Saint-Joseph-Bobtrotteur.jpg des autres paliers de gouvernement pour construire ces aménagements. Comme de vrais Beaucerons, on compte sur l’entraide et le mécénat. La voie cyclable de Saint-Joseph est intéressante en ce sens qu’elle permet de bien comprendre les impacts des inondations depuis les cent dernières années sur ses habitants. Des panneaux d’interprétation nous expliquent les différents débordements au fil des décennies. Si vous êtes encore plus curieux sur ce que sont réellement les Beaucerons, je vous invite à vous rendre au Musée Marius-Barbeau en visitant l’exposition intitulée « La Beauce, mythes et réalités », vous plongerez dans mon univers historique. On parle souvent du «Mystère Québec», mais ce n’est rien à côté du «mystère prospère de la Beauce». En continuant votre rando, dès que vous sortez de la ville, vous retrouvez ce bon vieil accotement asphalté de la route 173 jusqu’à Beauceville… pour 14,5 km.

Beauceville/Notre-Dame-des-Pins

Vallée de la ChaudièreVotre entrée à Beauceville se fera sans tambour ni trompette, c’est le cas de le dire. J’ai toujours trouvé l’entrée de Beauceville morne et laid. Toutefois, persévérez, car une belle surprise vous attend. Rendu au coin du pont, traversez le feu de circulation et rendez-vous dans le stationnement du poste de taxi, c’est à cet endroit que vous verrez l’entrée de la passerelle qui mène sur l’île ronde. Eh oui, Beauceville possède l’un des beaux parcs urbains de la Beauce. En plein milieu de la rivière Chaudière, le Parc de l’île ronde vous permet de faire une promenade ou un pique-nique. Vous vous demandez pourquoi il n’y a pas d’arbres? Observez attentivement la passerelle, vous verrez qu’elle est mobile. En période de crues printanières, la passerelle se remonte, car les glaces recouvrent complètement l’île. Tous les aménagements de l’île sont amovibles et l’hiver venu, on enlève tout, car rien ne résiste aux glaces qui se déplacent. Le parc est quand même accessible l’hiver tant que la fonte du printemps n’a pas débuté. On peut même y patiner. Après avoir traversé Beauceville sur le boulevard Renault, et après avoir monté l’épuisante côte vous arriverez au pied d’une plus grande côte encore. Rassurez-vous, vous ne la monterez pas celle-là ! Il s’agit de tourner à droite dans le Parc des rapides du diable pour accéder aux plus récents aménagements de la Véloroute de la Chaudière, soit le segment Beauceville-Notre-Dame-des-Pins. Vous retrouvez ici la jolie rivière et ses rapides du diable. Tout est parfait.

Notre-Dame-des-Pins/Saint-Georges

Oh là, là. Les articulations commencent à brûler et votre fessier aimerait bien foutre son camp sur une plage de Cuba. Courage, c’est presque fini. En arrivant à Notre-Dame-des-Pins, votre récompense sera le Pont couvert. Eh oui, la piste passe sur le pont couvert, témoin de l’histoire beauceronne. Construit en 1929, il est le plus long du genre au Québec et le deuxième au Canada, avec ses 154,5 mètres. Si vous êtes adeptes de camping, prévoyez un arrêt au camping la roche d’or de Notre-Dame-des-Pins. Un camping 5 étoiles aménagé magistralement pour les familles. De l’autre côté du pont, vous entamerez votre dernier segment, un tout petit 10 km.

L’arrivée à Saint-Georges

Crèmerie Vieux-Grenier-Saint-Georges-Bobtrotteur.jpg

En arrivant à Saint-Georges, vous passez inévitablement par la crèmerie d’antan le Vieux-Grenier. La crème glacée trempée dans le chocolat véritable existait déjà avant la venue des Chocolats favoris de ce monde. L’endroit est aussi une boutique de cadeaux, d’antiquités et d’artisanat. Si vous avez résisté à la crème glacée, vous roulez sur la piste qui vous mène doucement vers ce que l’on appelle les passerelles ou le Parc de la Seigneurie/de l’Île Pozer. Vous y verrez un barrage gonflable qui sert à former un point d’eau calme pour y pratiquer des sports nautiques non motorisés en plein centre-ville. Les amateurs d’art pourront aussi y découvrir toutes les sculptures accumulées depuis cinq ans grâce au Symposium international de la sculpture le long de la promenade de la Chaudière. S’il vous reste encore un peu d’énergie, empruntez la piste cyclable jusqu’au parc des sept chutes. LE gros parc de Saint-Georges. Oui il y a vraiment sept chutes, non ce n’est pas Niagara…

Conclusion et évaluation

Vallée de la chaudière-Bobtrotteur.jpgJe croyais connaître la Beauce par coeur, mais en empruntant la Véloroute de la Chaudière, j’ai découvert un autre point de vue sur ma région natale. Le fait de se déplacer à vélo apporte une autre dimension au paysage. C’est encore plus beau ! Les municipalités mettent beaucoup d’effort pour améliorer le produit touristique, mais tous les efforts sont vaincs si on n’en vient pas rapidement à une voie cyclable complètement isolée du reste de la route sur tout le trajet de la tête des ponts de Québec jusqu’à Saint-Georges de Beauce. Rouler en touriste sur l’accotement asphalté n’est pas agréable. Cette randonnée se fait facilement avec des adolescents. Toutefois en bas de 10 ans, c’est un trop gros trajet. Même avec vos ados, je suggère d’arrêter coucher une nuit à mi-parcours ou deux nuits si vous partez du Vieux-Québec par exemple. Il s’agit d’une activité touristique vraiment peu coûteuse et très rentable au niveau du sport et du divertissement.

 

Note du BobTrotteur   4/5

 

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